Curiosité

New Tree of Life : comment les données moléculaires ont bouleversé la construction de l’arbre du vivant

L’histoire du vivant n’est pas linéaire mais buissonnante, foisonnante et faite d’un nombre incalculable d’essais et d’erreurs. Alors, quand il s’agit de classer les êtres vivants, la tâche s’avère compliquée. Pourtant, de nombreux scientifiques s’y sont risqués au cours des siècles, avec plus ou moins de réussite selon les connaissances dont ceux-ci disposaient. L’avènement des techniques de la biologie moléculaire et de la génétique ont considérablement modifié notre vision du vivant et en particulier sa classification. C’est dans ce contexte qu’en 1990 Carl Woese, Otto Kandler et Mark Wheelis proposèrent de la redéfinir.

Les albatros, nos meilleurs alliés contre la pêche illégale

Au tournant de la 6e extinction de masse, la conservation de la biodiversité est aujourd’hui devenue un enjeu majeur. À ce titre, l’implémentation de mesures de conservation des écosystèmes menacés est vitale. Néanmoins, l’acquisition d’informations nécessaires à ces mesures peut être difficile. Les océans par exemple, de par leur taille immense, sont des zones difficiles à surveiller avec des moyens humains et sont pourtant très vulnérables à différents maux, dont la pêche illégale. Et si, dans cette vaste entreprise, nos meilleurs alliés étaient les animaux qui peuplent ces environnements en danger ?

Anticiper les mouvements pour éviter de vivre dans le passé

Le monde autour de nous est en mouvement permanent. Nos yeux transmettent des informations à notre cerveau, nous permettant de voir ce monde. Mais cette transmission se fait avec un certain délai. Nous devrions donc vivre dans le passé et en particulier voir les objets en mouvement à la position qu’ils occupaient un instant auparavant, en étant incapable de les attraper ou les éviter. Mais les auteurs de cet article scientifique ont montré que dans la rétine, la région de l’œil qui capte la lumière, un système particulier permet d’anticiper le mouvement des objets. Œil, cerveau, neurones… tout cela peut paraître compliqué. C’est pourquoi ce sera expliqué avec une histoire de reine et de châteaux.

Comment maintenir une oligarchie au pouvoir ?

La contestation politique de ce début de XXIe siècle prend régulièrement pour cible les « 1 % » ou « l’oligarchie », cette caste aussi riche que mystérieuse qui, dit-on, manipule la politique et sape le fonctionnement démocratique. Cette opposition entre démocratie et oligarchie existait déjà dans les cités-États grecques des époques archaïque et classique, que l’on associe souvent à la naissance et à l’âge d’or de la démocratie grecque (VIe-IIIe siècle av. J.-C.). Leur étude permet de mieux comprendre le lien entre la richesse et le pouvoir, et surtout quelles méthodes les oligarques utilisaient pour se maintenir au pouvoir.

Des tableaux pour comprendre les transformations du littoral français ?

Connaître les transformations intervenues sur les littoraux au cours des derniers siècles est essentiel pour mieux aménager ces espaces particulièrement touchés par l’urbanisation et les changements environnementaux. Mais comment étudier ces évolutions sans savoir à quoi ressemblaient les rivages il y a plusieurs siècles, à l’époque où les instruments scientifiques capables de fournir des données précises n’étaient pas aussi perfectionnés qu’aujourd’hui ? Des géographes ont eu une idée originale : utiliser les peintures de paysages maritimes pour découvrir et expliquer l’évolution des zones côtières de Bretagne et de Normandie, qui ont subi ces dernières années des mutations très rapides. Oui, les peintres peuvent nous aider à retracer l’histoire du littoral breton !

Les décisions gouvernementales en faveur du climat ont-elles un effet ?

La crise climatique fait l’objet de nombreux débats aujourd’hui. Les gouvernements précédents et actuels ont déjà pris certaines mesures face aux changements qui nous menacent. Ces décisions ont-elles été efficaces ? Si oui, à quel point ? Dans cette étude publiée en 2020, Shaikh Eskander et Sam Fankhauser de l’École d’Économie et de Sciences Politiques de Londres ont voulu comprendre comment le changement climatique a influencé notre société. Plus précisément, quel impact les lois votées en faveur du climat ont-elles eu sur le changement climatique ? Arrivent-elles à le freiner ? si oui, dans quelle mesure ? Quels pays votent ces lois ? Y a-t-il un impact différent selon le pays à l’origine de la loi (et pourquoi ?) ?

Les nématodes : des animaux si petits et si abondants sur terre

Les nématodes du sol sont des animaux microscopiques au rôle crucial dans la vie sur Terre. De par leurs grandes abondance et diversité, ils assurent le bon fonctionnement des sols. Néanmoins, leur répartition géographique reste méconnue. Des scientifiques ont entrepris l’exploration des sols terrestres en regroupant les résultats de près de 6 800 échantillons pour modéliser une carte des nématodes à l’échelle mondiale. Dans un article publié en 2019, ils ont ainsi pu estimer l’abondance et la répartition des groupes de nématodes dans tous les sols du globe ! Et devinez où l’on trouve le plus de nématodes sur terre ? La réponse pourrait vous surprendre…

Je vois donc je suis, ou comment changer de corps en un clin d’œil

En 2007, Lenggenhager et ses collaborateurs ont présenté un nouveau paradigme expérimental pour manipuler et étudier la conscience de soi corporelle, c’est-à-dire le fait de se sentir dans un corps et de s’identifier à lui. Ce paradigme, appelé l’illusion du corps entier, consiste à manipuler la vision et le toucher de volontaires sains. Après avoir induit cette illusion, les chercheurs ont utilisé un questionnaire et une nouvelle mesure de la localisation du soi. Ces outils ont révélé que la conscience de soi corporelle est facilement modifiable. Lenggenhager et ses collaborateurs ont ainsi ouvert une nouvelle voie de recherche sur les bases multisensorielles de la conscience que nous avons de notre corps.

Relation intime entre bactéries et champignons : l’avenir de la recherche de molécules utiles pour l’Humain

Dans leur article de 2009, Schroeck et son équipe se sont intéressés aux interactions entre des microorganismes, plus particulièrement entre une bactérie du genre Streptomyces et un champignon Aspergillus nidulans. Ils ont d’abord démontré que le mécanisme de l’interaction repose sur un contact étroit entre les deux organismes. Ensuite, ils ont observé que cette interaction conduit à l’activation de certains gènes et à la modification de leur expression ; menant à la production de nouvelles molécules antimicrobiennes.

Cervelle de moineau ou mémoire d’éléphant : les geais possèdent-ils une mémoire similaire à la nôtre ?

Remémorez-vous votre dernier repas. Saurez-vous me répondre si je vous demande combien de temps s’est déroulé depuis ? Ce que vous avez mangé ? L’endroit où vous avez mangé ? Répondre à ces questions peut vous paraître simple. Pourtant, cela mobilise une forme de mémoire bien particulière : la mémoire épisodique. Cette mémoire a longtemps été considérée comme une caractéristique de l’espèce humaine. La publication discutée ici a marqué un véritable tournant dans l’étude de la mémoire épisodique chez l’animal car elle a montré pour la première fois que le geai buissonnier, un oiseau de la famille des corvidés, présente des capacités similaires à la mémoire épisodique. La mémoire épisodique serait-elle présente chez d’autres espèces animales que l’humain ?