Sciences cognitives

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Crédits. Comportement animal : Logan C. J., PeerJ, 2016/CC BY 4.0.

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Comment naissent les idées paranoïaques ?

La paranoïa désigne une méfiance exagérée des autres, la croyance qu’ils représentent une menace et qu’ils agissent délibérément pour nous faire du mal. Des chercheur·se·s de l’Université de Yale ont élaboré un modèle explicatif de la paranoïa pour comprendre les mécanismes qui la sous-tendent. Chez les humains et chez les rats, il·elle·s établissent un lien entre la paranoïa et la difficulté à mettre à jour nos croyances sur le monde lorsque notre environnement est incertain.

Questionner les méthodologies pour mieux comprendre le concept : le cas de l’impulsivité

En 2006, Reynolds et ses collaborateurs ont exploré les méthodologies d’étude de l’impulsivité utilisées dans de nombreuses disciplines en sciences cognitives. Les chercheurs ont analysé de multiples indices comportementaux et scores de personnalité collectés auprès d’adultes sains afin de dresser un profil du concept d’impulsivité. Leurs résultats montrent que l’impulsivité, que l’on croit si bien connaître, est néanmoins un concept complexe et multidimensionnel. En démontrant des différences entre plusieurs méthodes d’évaluation de l’impulsivité, Reynolds et ses collaborateurs ont enclenché un questionnement théorique sur le concept lui-même, pourtant central en psychologie.

Vieillissement et perte de repères spatiaux : les cellules de grille mises en examen

À l’ère du smartphone et du GPS, nous avons tendance à prendre pour acquis nos capacités d’orientation dans l’espace. Que se passe-t-il cependant quand ces dernières nous font défaut ? Au cours du vieillissement sain, des déficits de navigation spatiale apparaissent et impactent de manière délétère l’autonomie et la mobilité des personnes âgées. Les bases neurobiologiques d’un tel déclin restent largement inexplorées. Une équipe de chercheurs a mis en lumière le rôle potentiel des cellules de grille : ces cellules du cortex entorhinal qui cartographient notre environnement pourraient être modifiées avec l’âge.

Je vois donc je suis, ou comment changer de corps en un clin d’œil

En 2007, Lenggenhager et ses collaborateurs ont présenté un nouveau paradigme expérimental pour manipuler et étudier la conscience de soi corporelle, c’est-à-dire le fait de se sentir dans un corps et de s’identifier à lui. Ce paradigme, appelé l’illusion du corps entier, consiste à manipuler la vision et le toucher de volontaires sains. Après avoir induit cette illusion, les chercheurs ont utilisé un questionnaire et une nouvelle mesure de la localisation du soi. Ces outils ont révélé que la conscience de soi corporelle est facilement modifiable. Lenggenhager et ses collaborateurs ont ainsi ouvert une nouvelle voie de recherche sur les bases multisensorielles de la conscience que nous avons de notre corps.

Hallucinations, une perception biaisée ?

Les mécanismes à l’origine des hallucinations, symptôme de la schizophrénie, sont encore mal connus. Des chercheur·se·s de l’Université de Columbia ont évalué un modèle explicatif des hallucinations et ont exploré l’implication d’un neurotransmetteur, appelé la dopamine, dans ce modèle. Les chercheur·se·s ont établi un lien entre les hallucinations auditives, la perception et une altération de la transmission de la dopamine dans une structure cérébrale connue pour son dysfonctionnement dans la schizophrénie : le striatum.

Cervelle de moineau ou mémoire d’éléphant : les geais possèdent-ils une mémoire similaire à la nôtre ?

Remémorez-vous votre dernier repas. Saurez-vous me répondre si je vous demande combien de temps s’est déroulé depuis ? Ce que vous avez mangé ? L’endroit où vous avez mangé ? Répondre à ces questions peut vous paraître simple. Pourtant, cela mobilise une forme de mémoire bien particulière : la mémoire épisodique. Cette mémoire a longtemps été considérée comme une caractéristique de l’espèce humaine. La publication discutée ici a marqué un véritable tournant dans l’étude de la mémoire épisodique chez l’animal car elle a montré pour la première fois que le geai buissonnier, un oiseau de la famille des corvidés, présente des capacités similaires à la mémoire épisodique. La mémoire épisodique serait-elle présente chez d’autres espèces animales que l’humain ?

Comment une machine joue-t-elle au Cluedo ? Un modèle d’Intelligence Artificielle pour la recherche d’information

Les bons joueurs de Cluedo sont efficaces dans leur recherche d’information : ils planifient leurs actions afin d’obtenir le plus d’information possible en un minimum de temps. On appelle ce processus « perception active », et c’est une capacité que les humains maîtrisent très bien. Pour les machines, en revanche, c’est plus compliqué. Dans un article de 2015, Matthijs Spaan, Tiago Veiga et Pedro U. Lima ont proposé un modèle dotant les machines de capacités de perception active, avec des applications dans le domaine de la robotique autonome pour la surveillance ou le sauvetage de personnes.